FIV : tout savoir sur la qualité ovocytaire et la réserve ovarienne

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30 Juin 2026
Illustration représentant un spermatozoïde s’approchant d’un ovocyte, utilisée pour illustrer les notions de qualité ovocytaire et de réserve ovarienne dans le cadre d’un parcours de FIV.

FIV : au-delà des chiffres

Lorsque l’on entame un parcours de fécondation in vitro (FIV), il est naturel de porter une attention particulière aux chiffres. Nombre d’ovocytes recueillis, nombre d’ovocytes fécondés, nombre d’embryons obtenus ou encore nombre de blastocystes à J5 : chaque résultat semble apporter un nouvel élément de réponse.

Ces indicateurs sont importants, mais ils ne suffisent pas à eux seuls à évaluer les chances de réussite d’un traitement.

Pour comprendre ce qui influence réellement le succès d’une FIV, il est essentiel de distinguer deux notions clés : la réserve ovarienne et la qualité ovocytaire. Une faible réserve ovarienne n’empêche pas nécessairement d’obtenir une grossesse. À l’inverse, un nombre élevé d’ovocytes ne garantit pas toujours qu’un embryon viable pourra être obtenu puis transféré.

Chez Ferticentro, nous aidons nos patientes à mieux comprendre ce que révèlent réellement leurs résultats et les facteurs qui influencent leurs chances de succès en FIV.

 

Réserve ovarienne : de quoi s’agit-il ?

Illustration représentant plusieurs œufs sur fond rose, utilisée pour illustrer la réserve ovarienne et le nombre d’ovocytes encore disponibles dans les ovaires.

Dans le cadre d’un parcours de PMA, les spécialistes utilisent généralement le terme de « réserve ovarienne » pour désigner le nombre d’ovocytes encore présents dans les ovaires à un moment donné. Cet indicateur apporte des informations utiles sur la fertilité, mais il ne suffit pas à lui seul pour en dresser un tableau complet. Il ne permet pas de déterminer si une grossesse naturelle est possible et ne renseigne pas non plus sur la qualité ovocytaire. En revanche, il aide les médecins à estimer le nombre d’ovocytes encore disponibles et la façon dont les ovaires sont susceptibles de répondre à une stimulation ovarienne dans le cadre d’une FIV.

Pour en savoir plus, consultez notre guide : entreprendre un parcours de FIV.

Les femmes naissent avec l’ensemble des ovocytes dont elles disposeront au cours de leur vie. Au fil du temps, ce capital ovarien s’épuise naturellement. À mesure que l’âge avance, la réserve ovarienne tend à se réduire, en particulier à partir du milieu de la trentaine. C’est pourquoi elle fait partie des premiers éléments que les spécialistes analysent avant le début d’un traitement de FIV.

Pour évaluer la réserve ovarienne, les médecins s’appuient généralement sur deux examens :

  • le dosage sanguin de l’AMH (hormone antimüllérienne)
  • le compte des follicules antraux (CFA)

Dosage de l’AMH : que révèle cet examen ?

L’AMH, ou hormone antimüllérienne, est produite par les petits follicules présents dans les ovaires. Son taux peut être mesuré grâce à une simple prise de sang.

Le dosage de l’AMH aide les médecins à estimer la réserve ovarienne. En d’autres termes, il fournit une indication sur le nombre d’ovocytes encore disponibles dans les ovaires. Il s’agit de l’un des examens les plus couramment utilisés dans le cadre d’un bilan de fertilité avant une FIV.

Follicules antraux : quel est leur rôle ?

Les follicules antraux sont de petites structures remplies de liquide présentes dans les ovaires. Chacun d’eux est susceptible de contenir un ovocyte immature. Ils sont visibles à l’échographie, généralement au début du cycle menstruel.

En comptant ces follicules, le médecin peut établir le compte des follicules antraux (CFA). Cet examen fournit une indication complémentaire de la réserve ovarienne et permet d’évaluer la façon dont les ovaires pourraient réagir à une stimulation ovarienne dans le cadre d’une FIV.

Réserve ovarienne : quel impact sur une FIV ?

La réserve ovarienne, le taux d’AMH et le compte des follicules antraux fournissent aux médecins des informations précieuses sur la façon dont les ovaires pourraient répondre à un traitement. Ces données les aident à adapter le protocole de stimulation et à définir des attentes réalistes pour chaque cycle. Même si ces indicateurs sont utiles, ils ne donnent aucune information sur la qualité ovocytaire, qui peut varier considérablement d’une femme à l’autre.

Il est également important de rappeler qu’une faible réserve ovarienne ne signifie pas qu’une FIV est vouée à l’échec. Elle indique simplement qu’une prise en charge personnalisée peut être nécessaire. Enfin, ni le dosage de l’AMH ni le compte des follicules antraux ne permettent d’évaluer la qualité ovocytaire, qui constitue un paramètre distinct.

Qualité ovocytaire : de quoi s’agit-il ?

La qualité ovocytaire désigne la capacité d’un ovocyte à :

  • être fécondé,
  • se développer en embryon viable,
  • aboutir à une grossesse.

Contrairement à la réserve ovarienne, elle est plus difficile à évaluer. En effet, un ovocyte peut sembler parfaitement normal tout en présentant des anomalies chromosomiques susceptibles de compromettre le développement de l’embryon ou d’augmenter le risque de fausse couche.

C’est pourquoi la qualité ovocytaire est souvent considérée comme un facteur plus déterminant que la réserve ovarienne dans le succès d’une FIV.

L’âge est le principal facteur qui influence la qualité ovocytaire. Au fil des années, les ovocytes encore présents dans les ovaires sont davantage susceptibles de présenter des anomalies chromosomiques. Cette évolution contribue notamment à la diminution progressive des taux de réussite de la FIV avec l’âge.

Anomalies chromosomiques : de quoi parle-t-on ?

Photographie d’un caryotype humain montrant les chromosomes classés par paires et par ordre numérique. L’image met en évidence une trisomie 21, caractérisée par la présence de trois chromosomes 21 au lieu des deux habituellement observés. Caption: Cette image présente un caryotype humain, c’est-à-dire l’ensemble des chromosomes d’un individu classés par paires. Chez la plupart des sujets, on compte 23 paires de chromosomes, chaque paire étant constituée d’un chromosome hérité de la mère et d’un chromosome hérité du père. Dans le cas de la trisomie 21, un élément supplémentaire du chromosome 21 est présent : on observe donc trois chromosomes 21 au lieu de deux.

Les anomalies chromosomiques sont des altérations du nombre de chromosomes ou de leur structure. Elles peuvent être présentes dès l’ovocyte ou apparaître après la fécondation, au cours des premières divisions de l’embryon.

Les chromosomes contiennent l’information génétique portée par l’ADN. Un ovocyte sain possède normalement 23 chromosomes. Lorsqu’il est fécondé par un spermatozoïde, qui apporte lui aussi 23 chromosomes, l’embryon obtenu compte alors 46 chromosomes au total.

Lorsque l’ovocyte ou l’embryon présente un nombre anormal de chromosomes, ou lorsque certains d’entre eux sont altérés, le développement embryonnaire peut être compromis. Cela peut entraîner :

  • un développement embryonnaire anormal ;
  • un arrêt du développement après la fécondation ;
  • un échec de l’implantation dans l’utérus ;
  • une fausse couche ;
  • plus rarement, la naissance d’un enfant atteint d’une maladie génétique.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les anomalies chromosomiques occupent une place importante en FIV. Un ovocyte peut paraître parfaitement normal au laboratoire tout en présentant des anomalies chromosomiques. De même, des erreurs peuvent survenir au cours des premières divisions de l’embryon après la fécondation.

Le risque de présenter ces anomalies augmente avec l’âge, ce qui contribue également à la diminution progressive de la qualité ovocytaire au fil du temps.

Qualité ovocytaire et réserve ovarienne : au-delà des chiffres

De nombreuses patientes pensent qu’un nombre plus élevé d’ovocytes se traduit automatiquement par de meilleures chances de grossesse. Cette idée préconçue est compréhensible. Disposer de davantage d’ovocytes peut multiplier les possibilités, mais cela ne garantit pas pour autant un meilleur résultat.

L’essentiel se joue dans les étapes qui suivent.

Comme l’explique Dr Vladimiro Silva, directeur scientifique de Ferticentro :

« Certaines patientes produisent quinze ovocytes au cours d’un cycle et n’obtiennent finalement qu’un seul embryon viable. D’autres n’en produisent que cinq et obtiennent pourtant quatre embryons viables. Le nombre d’ovocytes recueillis n’est qu’un point de départ. »

 

Ce qui compte réellement, c’est ce qui se passe à chaque étape du processus : la fécondation, le développement embryonnaire, puis la qualité des embryons pouvant être transférés. C’est pourquoi une FIV ne consiste pas simplement à obtenir le plus grand nombre d’ovocytes possible. L’objectif est avant tout de maximiser les chances d’obtenir un embryon viable susceptible d’aboutir à une grossesse.

FIV : un nombre élevé d’ovocytes n’est pas synonyme de grossesse assurée

Recueillir davantage d’ovocytes peut représenter un avantage, mais cela ne se traduit pas automatiquement par une grossesse. À chaque étape d’un parcours de FIV, leur nombre tend naturellement à diminuer. Concrètement :

  • Tous les ovocytes recueillis ne sont pas matures.
  • Tous les ovocytes matures ne seront pas fécondés.
  • Tous les ovocytes fécondés ne poursuivront pas leur développement.
  • Tous les embryons n’atteindront pas le stade de blastocyste.
  • Tous les blastocystes ne seront pas aptes à être transférés.

Cette évolution est parfaitement normale au cours d’une FIV. Le nombre d’ovocytes recueillis constitue un indicateur utile, mais il ne permet pas à lui seul d’évaluer les chances de réussite du traitement. En pratique, la qualité des embryons obtenus est généralement plus révélatrice du potentiel de succès d’un cycle.

Qualité ovocytaire : quel impact sur les différentes étapes d’une FIV ?

Pour comprendre l’importance de la qualité ovocytaire, il est utile d’examiner les différentes étapes d’un parcours de FIV.

Ponction ovocytaire

Après la stimulation ovarienne, les ovocytes sont recueillis lors d’une intervention de courte durée, généralement réalisée sous sédation. Le nombre d’ovocytes obtenus dépend notamment de la réserve ovarienne et de la réponse des ovaires au traitement.

Fécondation

Tous les ovocytes ne seront pas nécessairement fécondés. Lors d’une FIV avec ICSI, une technique qui consiste à injecter un spermatozoïde directement dans chaque ovocyte mature, les taux de fécondation sont généralement élevés. Malgré cela, certains ovocytes ne seront pas fécondés.

Développement embryonnaire

Après la fécondation, les embryons sont placés sous surveillance pendant cinq à six jours au cours de leur développement. Certains cessent d’évoluer avant d’atteindre le stade de blastocyste. Ce phénomène est fréquent et ne signifie pas pour autant que les autres ovocytes ou embryons issus du même cycle ne pourront pas atteindre ce stade.

Sélection embryonnaire

Les embryologistes évaluent les embryons en fonction de plusieurs critères, notamment leur rythme de développement, leur aspect morphologique et leur évolution au fil des jours. Cette analyse permet d’identifier les embryons présentant le plus fort potentiel d’implantation.

Image microscopique d’un blastocyste, un embryon ayant atteint un stade avancé de développement et pouvant être transféré ou cryoconservé dans le cadre d’une FIV.

Diagnostic génétique préimplantatoire

Pour certaines patientes, le diagnostic génétique préimplantatoire (PGT) peut permettre d’identifier les embryons présentant des anomalies chromosomiques avant leur transfert.

Cet examen peut être particulièrement pertinent en cas d’âge maternel avancé, de fausses couches à répétition ou après plusieurs tentatives de FIV infructueuses.

Comme le rappelle Dr Vladimiro Silva :

« Les tests génétiques ne permettent pas de créer de meilleurs embryons. En revanche, ils peuvent nous aider à identifier ceux qui présentent les meilleures chances d’aboutir à une grossesse évolutive. »

 

Pour les patientes concernées, le diagnostic génétique préimplantatoire peut avoir un impact significatif sur les chances de succès du traitement, mais aussi sur la manière dont elles vivent leur parcours de PMA sur le plan émotionnel.

Qualité des ovocytes : peut-on l’améliorer ?

C’est l’une des questions les plus fréquentes dans le cadre d’un parcours de PMA, mais aussi l’une des plus difficiles à aborder. Adopter une bonne hygiène de vie peut contribuer à préserver la santé reproductive dans son ensemble, mais cela ne permet pas d’améliorer significativement la qualité des ovocytes.

Certaines habitudes de vie restent cependant recommandées pour préserver la santé reproductive :

  • arrêter de fumer ;
  • maintenir un poids de santé ;
  • adopter une alimentation équilibrée ;
  • limiter le stress autant que possible.

Ces mesures contribuent au bien-être général et à la santé reproductive, mais elles ne permettent pas d’inverser les effets de l’âge sur la qualité ovocytaire.

Pour de nombreuses femmes de plus de 38 ans présentant un faible taux d’AMH ou ayant déjà connu plusieurs tentatives de FIV infructueuses, la qualité ovocytaire peut constituer le principal défi à surmonter.

Don d’ovocytes : dans quels cas l’envisager ?

Lorsque la qualité ovocytaire réduit significativement les chances de réussite d’un traitement, le recours au don d’ovocytes peut représenter l’option la plus efficace.

Contrairement à une idée reçue, le don d’ovocytes n’est pas une solution de dernier recours. Il s’agit d’un traitement éprouvé qui a permis à de nombreuses personnes de devenir parents.

La qualité ovocytaire ayant tendance à diminuer avec l’âge, une FIV avec don d’ovocytes peut offrir de meilleures chances de succès qu’une FIV réalisée avec ses propres ovocytes après 40 ans. Les ovocytes proviennent généralement de donneuses jeunes, en bonne santé et rigoureusement sélectionnées.

Dr Silva tient à rassurer les femmes :

« J’encourage toujours mes patientes à considérer le don d’ovocytes non pas comme un renoncement, mais comme une véritable opportunité. C’est vous qui portez la grossesse. Vous êtes présente à chaque étape du développement de votre enfant, dès les tout premiers instants. Ce lien est réel et profondément unique. »

 

Chez Ferticentro, nous accordons une attention particulière à l’appariement entre donneuses et receveuses, en tenant compte notamment des caractéristiques physiques et du groupe sanguin.

Nous pouvons également proposer un test de compatibilité génétique entre la receveuse et la donneuse sélectionnée. Ce dépistage analyse jusqu’à 2 200 mutations génétiques afin de contribuer à réduire le risque de transmission de maladies héréditaires aux enfants conçus grâce à un don de gamètes. Pour en savoir plus sur le don de gamètes et notre banque de donneurs, rendez-vous sur notre page dédiée.

Vous recevrez également des informations détaillées sur les donneuses, notamment concernant leurs caractéristiques physiques, leurs antécédents médicaux, leur niveau d’études et certains traits de personnalité.

Enfin, dans le cadre d’un don à identité ouverte (ou don Open-ID), l’identité de la donneuse reste confidentielle tout au long du traitement. En revanche, conformément à la législation portugaise, les personnes nées grâce à un don de gamètes peuvent accéder à l’identité de leur donneuse à partir de l’âge de 18 ans.

Échec de FIV : quelles questions poser à votre médecin ?

Si vous avez déjà suivi un ou plusieurs cycles de FIV sans obtenir de grossesse, il peut être utile de discuter avec votre médecin du rôle que la qualité de vos ovocytes a pu jouer dans le résultat du traitement.

Voici quelques questions qui peuvent vous aider à mieux comprendre votre situation :

  • Quelle était la qualité des embryons obtenus ?
  • Certains embryons ont-ils fait l’objet d’un test génétique ?
  • À quel stade les embryons ont-ils cessé de se développer ?
  • La qualité ovocytaire pourrait-elle expliquer une partie des difficultés rencontrées ?
  • Un autre protocole de stimulation pourrait-il être envisagé ?
  • Le recours au don d’ovocytes mérite-t-il d’être discuté ?

Chez Ferticentro, nous proposons des consultations dédiées aux patientes souhaitant analyser leurs précédents traitements et échanger avec un spécialiste sur les options les plus adaptées pour la suite de leur parcours. Contactez-nous pour en savoir plus.

FIV : Au-delà des chiffres

Dans un parcours de PMA, l’attention se porte souvent sur les chiffres : taux d’AMH, compte des follicules antraux, taux de fécondation ou encore qualité embryonnaire. Ces indicateurs sont précieux pour orienter les décisions médicales, mais ils ne suffisent pas à définir votre situation ni vos chances de réussite.

Que vous envisagiez une première FIV, que vous prépariez un nouveau cycle ou que vous cherchiez des réponses après une expérience difficile, l’équipe de Ferticentro est à vos côtés pour vous accompagner avec écoute et bienveillance, en tenant compte de votre situation et de vos besoins. Si vous souhaitez faire le point avec un spécialiste, n’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une consultation.